Toute première lecture commune du Zombie Lecteurs Anonymes, un club de lecture peuplé de fans de zombies et autres mangeurs de cerveaux, initié par deux booktubeuses : Pikiti bouquine et Eliot et des livres ! Ce livre a été une lecture mitigée pour beaucoup de lecteurs du club. Pour ma part, j’y ai trouvé des éléments intéressants. Je vous en dis plus tout de suite.

La Forêt des Damnés, de Carrie Ryan

couv27056371.gifRésumé

Dans le monde de Marie, il y a des vérités simples.
Les Soeurs savent toujours le mieux.
Les Gardiens protègent et servent.
Les Damnés, revenus de la mort, ne renonceront jamais.
Et il faut se méfier de la clôture qui entoure le village.
La clôture qui les sépare de la Forêt des Damnés.
Mais lentement, les vérités de Marie s’effondrent et son monde est plongé dans le chaos.
Elle doit faire face à la vérité de la Forêt des Damnés.
Se pourrait-il qu’il y ait de la vie dans ce monde dévoré par la mort ?

Un monde post-apocalyptique peuplé de zombies, une histoire d’amour ensorcelante.

Mon avis

A quoi ressemblerait un village post-apocalypse zombie après un siècle de lavage de cerveau ? Un siècle à nier l’existence de quelque-chose au-delà de la Forêt de Mains et de Dents, à nier d’éventuels survivants, à nier l’existence de l’océan…

C’est le point de départ de ce roman. Ça, et aussi la transformation de la maman de Mary. Mary, c’est notre héroïne. C’est une jeune fille qui a toujours connu son village tel qu’il est, mais qui rêve d’un ailleurs. Secrètement, les femmes de sa famille se sont transmises des histoires sur l’océan et sur le monde d’avant le Retour, avec des bâtiments qui grimpent jusqu’au ciel. Foutaises, répondent les Sœurs qui dirigent le village. Il n’y a que Dieu, et Dieu a voulu le Retour pour punir les Hommes. La belle affaire !

Le roman aborde de nombreux sujets qui m’ont bien plu, notamment la théologie post-apocalyptique. Le contrôle des foules par le fanatisme religieux dans une situation post-apocalyptique est évoqué pendant toute la première partie du roman, avec les Sœurs qui dirigent la ville. Ainsi que l’enfermement. En effet, si un siècle s’est écoulé depuis l’apocalypse (durée approximative calculée par rapport aux indices dans le texte), alors les plus anciens du village sont eux-aussi nés après et n’ont pas connu le monde d’avant. La vérité est déformée, et nous avons face à nous des personnages qui ont toujours vécu derrière des barrières et ne sont absolument pas survivalistes.

On y trouve aussi énormément de références à la notion de choix.

« On a toujours le choix, Mary, me dit Sœur Tabitha […]. C’est ce qui nous rend humain, ce qui nous sépare d’eux. »

Cette notion de choix est au cœur du roman. Les Sœurs en font le cœur de leurs préceptes, et empêchent finalement tout à chacun de faire leurs propres choix, de vivre libres. Pourtant, les héros devront en faire de nombreux : La vie ou la mort ? Se battre ou abandonner ? L’amour ou le devoir ? Sans parler de ces survivants qui, contrairement à ce qu’on a l’habitude de voir au cinéma, ont choisi d’espérer que les morts relevés ont conservé quelque-chose de leur vie d’avant, une lueur dans le regard. Et ce malgré que 100 ans se soient écoulés. Non, on ne massacre pas les Damnés à la pelle.

Si toutes ces thématiques m’ont paru fort intéressantes, il aurait été passionnant de les voir plus étoffées. Mais alors ce ne serait peut-être plus de la littérature jeunesse. J’ai relevé quelques erreurs de traduction, des phrases qui n’avaient aucun sens. Suffisamment rares pour ne pas trop perturber ma lecture. J’ai trouvé la plume de l’auteur particulière. Trop d’utilisation du « je » à mon goût.

Mary est un personnage que j’ai trouvé nonchalant et souvent passif face aux situations dangereuses. On a beau savoir ce qui se passe dans sa tête, on se demande malgré tout « mais pourquoi elle ne réagit pas comme ci ou comme ça ? » . Autre déception, vers les 150 pages je me suis dit que le livre décollait enfin, avec de l’action, et… une centaine de pages plus tard l’action est retombée comme un soufflet. Et a mis du temps à décoller de nouveau. J’ai trouvé ça dommage.

C’est une histoire qui m’a rappelé Apocalypse Zombie sur certains aspects : le village qui a survécu et qui s’adapte plusieurs générations après. Ainsi que ces personnages nés « après » l’apocalypse et qui ont une compréhension du monde très différente de la nôtre, qui ne voient pas les zombies comme de simples créatures inhumaines. Qui pensent à l’humain qui a existé avant la mort, et avant son retour. Ils nous énerveraient presque par leur absence de réaction face à certaines situations. Mais comment pouvons-nous leur en vouloir, en sachant que le seul monde qu’ils ont connu est celui-ci ? Je trouve que c’est un parti pris de la part des auteurs qui permet de créer des personnages intéressants et qui changent des survivalistes auxquels ont est habitués.

Au final c’est une lecture simple, rapide, assez plate par son style d’écriture, mais avec des sujets abordés intéressants. Rien que pour en savoir plus sur ce monde, un siècle après l’apocalypse, je serais curieuse de lire le tome 2 !

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